Ça fait longtemps que je n’avais pas repris le clavier pour taper quelques lignes… plusieurs confinements, un an en fourgon, de nouvelles directions, une transition professionnelle et un changement de région plus tard, me revoilà. Me revoilà parce que ça fait plusieurs semaines que je sens bien que mes ressentis ne sont plus juste les miens. Ils sont aussi ceux partagés par plein d’autres personnes qui peuplent ce monde dans lequel nous prenons de plus en plus conscience que la vie est avant tout une aventure mortifère. Malgré cela, les cellules de la planète du vivant que nous sommes persistent à s’éteindre sans broncher. Tranquillement, jusqu’à ce qu’il n’y ai plus rien. Alors, je vais raviver cette flamme qui est la mienne et que j’ai mise de côté bien trop longtemps. Cette flamme qui dérange, bouscule et agace parce qu’elle vient brûler là où ça fait mal.

Alors que faire de cette exploration collective de plusieurs siècles où la plupart d’entre nous opposent la mort à la vie alors que la mort s’oppose en réalité à la naissance ? Que faire de ce passage qu’est la vie alors même que nous amputons de plus en plus son essence – naissance – sans que personne ne semble plus réellement y prêter attention ? C’est un fait. La vie est mortifère puisqu’au bout de celle-ci nous mourrons. C’est même exactement pour cela que la vie prend tout son sens et ne devrait être qu’énergie, dynamisme, expérimentations, relations, apprentis-sage et Amour… Sinon, à quoi cela servirait-il de vivre ? Pourtant. J’ai ce goût d’asservissement pâteux et amer en bouche. Je me demande vraiment si aujourd’hui nous sommes tellement asservis que nous n’existons à présent plus que par notre seule ombre devenue elle-même notre propre Ankou. Sombre portrait n’est-ce pas ? Pour l’éclairer, peut-être serait-il temps de se rêve-iller ? D’arrêter de faire semblant de croire que nous sommes ivres de liberté alors que nous sommes plutôt libres d’ivresse… Ces vapeurs d’alcool morbides qui embrument de plus en plus chacune de nos cellules jusqu’à scléroser complètement un masque social devenu une muselière… Comment en sommes-nous seulement arrivé.e.s là ?

Tu le sais peut-être déjà, j’aime beaucoup le langage des oiseaux. Ce matin en me réveillant je me suis dit « j’en ai ma claque ! ». Probablement encore l’effet d’une super lune qui provoque autant de marrées sur les océans qu’elle nous pousse aux séants… Un réveil brutal avec un sentiment de devoir me mettre en action sans plus ménager qui ou quoi que ce soit… Une sorte de ras-le-bol semblable à un raz-de-marée…. Un rat qui ronge mon intérieur et qui, si je le laisse faire, va me mettre à l’arrêt… En laissant mon corps sortir de sommeil, mon cerveau se hâte déjà de comprendre ce qu’il se passe… J’en ai ma claque…. Jean est ma claque…. Jusqu’à comprendre que les gens sont en réalité… ma claque ! Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Et là, tout devient limpide. Oui, les gens sont ma claque. Alors bien sûr, pas toutes et tous mais la plupart. La grande majorité. Heureusement, que de précieuses personnes lumineuses et éveillées sont aussi à mes côtés. Ce ne sont pas de ces rares êtres que je parle ici. Je me rends compte que cela fait des mois et des mois que je cherche à creuser d’avantage et à comprendre mon fonctionnement d’abord par curiosité et pour me donner du sens… pour comprendre comment m’aborder moi-même et pouvoir être plus facilement en communication avec les autres… Mais pour quoi et pour qui en fait ?

Bref historique pour comprendre. Découverte de ma personnalité de 1988 à 2008 période durant laquelle je ne trouve pas mon moule. Adaptation et sur-adaptation aux attendus professionnels, sociaux et familiaux pour pouvoir « réussir » jusqu’en 2015. Période joyeuse durant laquelle je « réussi » puisque tout le monde est content de ce que je deviens et que je fais ma part à l’échelle de la société… En réalité, sans m’en apercevoir je me suis transformé – enfermer – en devenant… comme tout le monde. Puis la vie m’offre des cadeaux comme pour me rappeler à l’ordre. Me rappeler mon individualité et ce que je suis venu faire ici dans ce monde. Premières transmutations émotionnelles et retrouvailles avec ma flamme jumelle en 2016. Tout pile après un passage de vie fort compliqué vers la fin d’année. Reconnexions des passerelles énergétiques en 2017, haute potentialité mise en lumière en 2019, Troubles Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité diagnostiquée en 2020, fortes suspicions de Troubles du Spectre Autistique en 2021… En effet, mon arrivée dans une nouvelle région sans aucun repère fait resurgir des caractéristiques qui étaient jusqu’alors gommées par mes habitudes quotidiennes.

Pour continuer mon raisonnement… Autant la philo-cognition n’est absolument pas une pathologie, autant le TDA/H et le TSA le sont au sein du DSM-V. Pourtant, depuis que je m’intéresse à ce sujet, j’ai tout de même toujours fait un parallèle entre la sur-efficience mentale (HPI) et la sous-efficience mentale (handicap mental). D’ailleurs il existe au moins un rapport factuel : ils s’opposent tout les deux dans la courbe de Gauss. C’est ma volonté de réguler mon TDA/H par la médicamentation et plus récemment mon questionnement sur le TSA qui m’a fait vriller le cerveau… Sans compter les nombreux témoignages que j’ai pu lire à ce propos. Des personnes toutes plus désemparées les unes que les autres parce qu’elles ne rentrent pas dans le moule des attendus alors que leurs exceptionnalités sont justement ce qui permet la créativité, l’innovation et le changement ! Alors, pourquoi je cherche à me réguler ? Pourquoi je cherche à trouver les « bons » codes ? Pourquoi je voudrais faire taire mes capacités fantastiques d’empathie, de sensibilité, de compréhension, de faciliter à aimer, de connexions aux mondes subtiles et de repérages à vitesse grand V des incohérences et incongruences existantes dans les milieux que je côtoye ? Parce qu’en fait, ce que je suis pose un problème aux autres parce qu’ils ne comprennent pas ce fonctionnement. Parce que ces possibilités là font peur alors même qu’ils offrent de très belles opportunités de vivre et faire vivre des systèmes vivants et organiques… Autant te dire que j’ai failli sacrément me faire avoir ! Au final, qu’est-ce que j’en ai à foutre ?

Qu’est ce que j’en ai à foutre puisqu’en fait, plus les choses avancent plus les choses deviennent lisses. A force de méthodes, de procédures et de critères à toutes les sauces, toutes les authenticités ou spontanéités disparaissent de la surface du globe. C’est d’ailleurs valable autant pour les organisations que pour les individus ! Les gens dont j’en ai marre se rendent-ils seulement compte que leur humanité est stérilisée ? Qu’aujourd’hui, non seulement ce qu’ils ne connaissent pas leur fait peur mais qu’en plus même se rencontrer eux-mêmes dans leur propres traumatismes et histoires leur fait peur ? Résultat des courses, nous vivons une nouvelle ère glacière : celle de la paralysie de l’humanité par le froid. Ce froid glaçant généré par la peur, la discorde et l’incompréhension. Cette même paralysie qui nous rigidifie le sang depuis des mois et qui nous rend de plus en plus incapable de lire entre les lignes et de discerner que l’Amour, le vrai, va au-delà du couple, de la relation interpersonnelle, de la parentalité, de la sexualité, du sexe, de l’humanité ou de tout ce qu’on cherche à nous faire croire. Que cet amour, le vrai, est la vie elle-même. Combien d’entre nous savons encore ressentir l’Amour. Celui sans contrepartie qu’on offre comme un don naturel à l’Autre, au sein duquel on ne se pose pas de questions, dans lequel il n’y a ni jalousie ni trahison puisqu’il n’y a ni possession ni engagement envers qui que ce soit à part Soi ?

Cette ère glaciale que nous traversons nous fige et nous rend incapable de voir où sont les réels en-jeux de deux-mains. Cette vie que nous devrions expérimenter en nous amusant, main dans la main. Ils ne sont pas là où on le croit. Ils ne sont pas dans le faire et l’avoir mais dans l’être et l’Amour. Aujourd’hui, même les belles relations qui se tissent se retrouvent saccagées en moins de quelques minutes par les normes, croyances et carcans auxquels nous sommes soumis.e.s depuis petit.e.s. Juste parce qu’ouvrir les yeux et ressentir les choses nous fait peur et nous paralyse. Parce que vivre dans la vérité et la justesse du monde comporte des risques : ressentir et aimer dans sa corporalité et ses émotions. Parce qu’on ne connait pas, on ne connaît plus. Parce que notre cœur rouge de passion est devenu bleu de froid. Notre habitude au froid et à la mort a pris le dessus sur la chaleur vivante qu’apporte l’humain et le vivant. Tout ces cadres qui sont censés nous permettre d’être libres en société n’ont faits que nous séparer de nous même, décennies après décennies. Ils ne nous permettent plus aujourd’hui que d’être présents les uns à côté des autres et non plus les uns avec les autres ou en relliance les uns dans les autres.

La division règne et le jugement est devenu f-ROI-d. Le froid jeté par la terreur et le doute ne nous permet presque plus ni de réfléchir, ni d’avancer, ni d’agir. Ce qui n’était encore qu’un masque social il y a quelques années devient aujourd’hui notre muselière démontrant notre soumission à la mort. Nous le voyons tous les jours. Les réseaux sociaux n’ont fait qu’amplifier la possibilité de le constater et nous nous y asservissons, sans limites, au travers d’heures et d’heures passées à lire tout et son contraire. Les groupes et les clans se dessinent et ne cessent de prendre le pouvoir sur la troisième voie. Celle qui est pourtant, d’après moi, la plus sage. Celle de l’entre deux. Celle qui nous permet de nous nourrir à la fois de l’une et de l’autre chose. Toutes et tous cherchent à nous faire croire que le camp adverse à tout faux. vegans vs carnassiers. science vs spiritualité. homme vs femme.  féminité vs masculinité. vaccinés vs antivaccinés. droite vs gauche. adultes vs enfants. couples vs célibataire. humanité vs vivant… Enfin ! Il y en a plein qu’on peut nommer… Tout cela ne révélerait-il pas un besoin profond pour chacun.e de nous de faire exp(l)oser nos identités au grand jour ? Aujourd’hui, nous avons tellement froid de peur que ce que nous ne comprenons pas ou ne cherchons pas à comprendre est mis de côté et appelé handicap, secte ou magie. Plus simple que de prendre du temps à comprendre, n’est-ce pas ? Plus simple aussi pour ne pas prendre le risque de reprendre la part de responsabilité qui nous a été soudoyées depuis des années… Alors, continues à faire semblant si tu en as envie. Continue à avoir l’air d’être quelqu’un de convaincu, bien rangé.e et réponds aux normes et aux critères qu’on attend de toi. Adapte-toi comme bon te semble, continues à jouer pour savoir qui aura le plus de pouvoir pour écraser l’autre de bien des manières, sans même parfois te rendre compte que c’est ce que tu es entrain de faire. Moi de mon côté, tout ce que je sais, c’est que gens ai ma claque !

J’en ai ma claque de jouer à ton je(u) qui fait mal. Mes plus belles années ont été celles où j’ai dérangé, où j’ai bougé des choses, où je n’en avais rien à foutre de ce qu’on pouvait penser de moi. Tu sais pourquoi ? Parce que ce sont les années qui m’ont permis de vivre et de vibrer, comme je l’entendais. Ce sont aussi ces années qui m’ont fait rencontrer des personnes qui m’ont remerciées pour celui que j’étais et qui ont pu comprendre que même si ce n’est pas facile, c’est plus impactant et vivifiant de se rappeler qui nous sommes véritablement ! Toi qui ne me connais pas et qui entend des discours sur moi, fais toi plaisir : crois le mirage plutôt que de te prendre du temps à découvrir mon rivage. Toi qui n’oses pas explorer et faire autrement, continues à perdre ton énergie et ton argent. Je ne peux plus me permettre de regarder dans ta direction, il y a bien trop à faire en allant voire ailleurs. Tant pis si je t’apparais comme asocial, atypique, décalé, bizarre, étrange parce que la seule solution qu’il me restait pour survivre et donner une chance de réchauffer ce monde, était de redevenir fou. Depuis là, je passe mon temps à réveiller les fous qui s’ignorent encore.

Je t’en conjure, fais-en de même et fais éclater ta folie au grand jour. Il est encore temps et c’est devenu une nécessité.

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