A ce qui se dit, la St Valentin est la journée des amoureux, des papouilles, des fleurs et des friandises. Par les temps qui courent, cette fête purement commerciale a au moins le mérite de permettre aux personnes qui ne s’en souviendraient que trop peu de se rappeler qu’ils aiment quelque chose ou quelqu’un. Cependant, de quoi et de qui parle-t-on exactement quand on évoque les amoureux ? Qu’est-ce que ça veut dire aimer l’Autre, affectionner un objet auquel on tient, ou encore, aimer son travail ? Ce drôle d’événement dans le calendrier m’a donné envie de vous parler d’une partie de mon métier de Designer Social : le Coaching. Pour moi le Coaching est avant tout un métier d’amour et de passion. Je suis autant amoureusement passionné que passionnément amoureux de cette formidable profession d’accompagnement. Tout simplement parce que je vois la société et les individus qui la composent comme un grand système vivant composé de plein de petites cellules qui gigotent dans tous les sens. Ces cellules dynamiques et colorées que j’affectionne tant par ses caractéristiques spontanées et naturelles que par ses vulnérabilités précieuses et authentiques.

En bon philo-cognitif complexe[i] agrémenté d’un TDA/H[ii] qui me suis partout où je vais, j’ai dans les trésors que j’utilise au quotidien, beaucoup d’empathie et une sensibilité exacerbée générant une hyperacuité qui me permet de créer du lien là où il y en a, en principe, pas forcément. Les personnes qui me connaissent et que j’ai déjà pu accompagner pourront d’ailleurs vous le raconter : ça décoiffe. Je suis aujourd’hui convaincu de l’importance capitale de l’utilité des accompagnements en Coaching au regard de ce que nous vivons en société et de la pierre que, chacun d’entre nous, a à apporter à l’édifice à travers ce prisme particulier. Il n’en est pourtant pas toujours ainsi, même pour moi, il y a moins d’un an encore.

Plusieurs réactions à différents posts et initiatives récentes que j’ai partagé sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines, m’ont fait prendre conscience qu’il existe beaucoup de préjugés et de stéréotypes concernant les Coachs professionnels. Que ce soit de la part de particuliers ou de professionnels, parfois réputés, issus d’autres corps de métiers. Certaines réactions ont parfois été difficile à vivre. En effet, sans même compter le fait que la toile permette la critique facile, je m’aperçois que quelques internautes n’ont pas de scrupules à soutenir des propos comme étant « justes » ou à invectiver des personnes ou des projets alors même qu’elles ne sont pas correctement renseignées. Le problème majeur a cela étant qu’une fois cette porte ouverte, elle l’est a tous les amalgames et toutes les confusions possibles.

Alors que faire de cela ? Que faire de tout cet Amour – avec un grand A – que j’ai pour mon métier mais aussi pour les personnes que j’accompagne en tant qu’être humain en quête de sens et pour moi qui ai sillonné tout ce chemin avant d’en arriver là ? Que faire de tout ça si des individus ne le comprennent pas ou pire encore, si mes intentions sont comprises de travers ? Qu’en faire quand quelques personnes préfèrent perdre du temps à faire passer du jugement pour de la critique plutôt que de se renseigner et recueillir des éléments factuels et objectifs ? C’est là que l’intervenant en formation que je suis par ailleurs m’a soufflé une réponse qui m’a effectivement parue censée : « faire de la pédagogie et laisser du temps au temps ».  J’ai alors décidé d’appliquer une des premières règles que nous utilisons dans notre métier : mobiliser mes ressources intrinsèques pour atteindre mon objectif. Celui-ci est d’éclairer. Simplement tenter d’apporter de la lumière dans les parts d’ombres qui stagnent dans les grands temples de la connaissance que sont nos cerveaux. Plutôt que de me focaliser sur ce qui m’horripile dans toute cela, puisque finalement ces situations ne font qu’activer des émotions latentes encore non traitées au regard de mon propre passé, je suis aller chercher en moi les ressources nécessaires pour pouvoir amener du grain à moudre là où il y en a, apparemment, besoin. De la résilience[iii] oui, mais de la résilience utile ! Non pas pour convaincre, non. Juste essayer, à ma hauteur, de participer à l’élargissement de la zone de confort du plus grand nombre. Cette zone que nous connaissons, dans laquelle nous sommes bien et qui nous chatouille dès lors que quelque chose de neuf, parfois contraire à notre propre système de croyances, vient frapper à la porte de nos certitudes.

Ainsi, j’ai souhaité donner quelques coups de projecteur sur mes apprentissages de cette dernière année et apporter quelques billes qui me paraissent indispensables à propos de tout cela.

« Le Coaching c’est un truc pas clair qui ne respecte pas vraiment les gens »

Cette croyance là, c’était la mienne il y a à peine plus d’un an ! Au départ, en arrivant à Strasbourg, j’ai entamé une filière en psychologie. Rapidement, je me suis épris (encore !) de l’éducation populaire et suis devenu praticien en pédagogie alternative. Exit pour moi, ne serait-ce que l’infime possibilité d’aller au-delà du rythme de l’individu en le poussant dans ses retranchements ou d’utiliser des moyens qui ne soient pas adaptés à son système de fonctionnement. Quand j’entendais le terme « Coach », je me référais au Coach sportif (l’idée de challenger, se dépasser) ou au Coach de vie (qui pour moi était justement ce Coaching basé sur on ne sait quoi). En plus, pour moi, le Coach était celui qui allait pousser et tirer l’autre là où il n’aurait pas forcément envie d’aller. Le Coaching c’était alors, comme j’ai pu le lire, « juste la jungle, un véritable fourre-tout ». En somme, tout l’inverse d’un processus où le respect du rythme de la personne et la promotion de son autonomie ainsi que de son indépendance était prioritaire.

C’est finalement le 16 janvier 2020 que mon cerveau à fait un tour à 180° à l’occasion d’un after-work organisé par le réseau des Alumnis de l’Université de Strasbourg. Ce soir là, c’est Thomas Fritsch, Coach en orientation et insertion professionnelle, qui a donné une conférence sur la thématique de « Ce qui fera de vous un bon manager ». Ce mec sympa et vraiment pro dans ce qu’il faisait m’a donné envie d’aller le voir pour lui parler et l’interroger un peu sur ce qui était alors pour moi qu’un pseudo-métier autoproclamé par celles et ceux qui voulaient juste se faire voir. En acceptant de m’ouvrir à sa perspective et sa définition du métier et en allant chercher un peu plus de références et de témoignages sur Internet, je me suis juste aperçu qu’en réalité, j’étais déjà pas mal Coach depuis fort longtemps. Depuis toujours, en tant qu’ami dans la sphère privée ou en tant que formateur ou manager dans la sphère professionnelle, j’accompagnais les personnes à trouver le chemin qui étaient le plus juste et le plus motivant pour eux au regard de leur préoccupation. Cela a commencé dès le collège en m’investissant dans des fonctions de délégué pour que chacun puisse trouver sa place. Depuis toujours, ma priorité a été d’encourager la personne à chercher ses solutions par elle-même pour qu’elle puisse apprendre et non de la conseiller à travers mes propres représentations. Depuis toutes ces années, mon principal but a été que chaque personne que je côtoie puisse être libre dans ses pensées et ses actions au seul regard de qui elle était à l’instant T. Oui, en fait, je faisais du Coaching depuis longtemps.

Curieux et étant en pleine création d’activité en tant qu’indépendant libéral, je suis aller plus loin dans mes recherches. La semaine suivante, j’étais inscrit dans un des Centres Européen de Formation au Coaching Professionnel.

« Les Coachs ne sont pas des psychologues ou des thérapeutes… »

« Le Coaching ça me semble plutôt relever du développement personnel »

Si force est de constater qu’aujourd’hui le développement personnel est très répandu et qu’on y voit toutes sortes de pratiques, il n’en est pas moins que l’objectif de cette notion est clair : se faire grandir et se connaître davantage. En ce sens et à ce sujet, il n’y a pour moi aucune différence ni sur les pratiques ni sur les professions puisque les métiers de l’accompagnement visent tous à permettre aux personnes d’évoluer et de rencontrer qui elles sont. Objectivement, toute activité visant à accroître une meilleure connaissance de Soi que ce soit lié au passé, au présent ou au futur constitue donc du développement personnel.

« Ce n’est pas un thérapeute formé en psychologie. »

Oui et non. S’il est juste de dire que les Coachs ne sont pas des psychologues ou des thérapeutes il est cependant faux de dire qu’ils ne sont pas formés en psychologie. Dans le cadre de formations professionnelles, le Coaching est une discipline rigoureusement éprouvée qui élabore sa pratique sur les fondements en sciences sociales, en psychologie mais aussi en philosophie et en sciences de l’éducation. Ainsi, le Coach n’est pas thérapeute mais il est formé aux aspects de la psychologie qui servent sa profession. C’est en cela que les deux disciplines sont complémentaires et clairement délimitées. La où un thérapeute va permettre au patient de comprendre essentiellement « pourquoi et pour quelles raisons » il vit les choses d’une certaine façon, le Coach va pouvoir accompagner l’individu à chercher « comment » il peut mettre en place des moyens et des solutions pour atteindre un objectif précis que lui-même aura déterminé.

« Un Coach va peut-être vous faire entendre ce que vous voulez entendre »

Clairement non ! Un Coach professionnel fera tout sauf ça. C’est aux antipodes du fonctionnement même d’un véritable Coach. Un Coach n’est ni un mentor ni un conseiller. Alors, c’est quoi la différence au juste ? Un conseiller a déjà bien souvent besoin de connaître son domaine d’intervention avec une expertise accrue pour pouvoir apporter ses conseils là ou le Coach n’en aura pas besoin. Simplement parce que le conseiller s’intéresse au contenu et le Coach au contenant. Ainsi un Coach professionnel, dans le cadre d’une entreprise, peut intervenir sur des sujets qu’il ne connait pas puisqu’il s’intéresse aux structures des choses. Pour l’accompagnement d’individus c’est la même chose. Peu importe le contenu, le Coach s’astreindra à accompagner la personne sur la manière dont elle peut avancer pour atteindre ce qu’elle souhaite. Par ailleurs, un Coach de qualité s’interdira de faire entendre quoi que ce soit à l’individu car il sait que ce qui lui parle à lui ne parlera pas forcément à la personne qui l’accompagne. Le seul moyen pour que la personne puisse avancer à son rythme et être certaine que ce sont bien ses ressources propres qu’elle mobilise, est de pouvoir bénéficier des effets insights[iv] que le Coach va tenter de générer. Le Coach déploie toute son énergie à cela, non pas par sa capacité à conseiller, mais par celle à questionner et à utiliser des outils puissants permettant l’émergence de prises de consciences profondes. C’est vrai finalement, que retient-on le mieux ? Les conseils personnels de quelqu’un qu’on connait ou ce qu’on a compris par soi-même ?

« Il fait quoi le Coach du coup ? »

Vaste question ! Dans tous les cas, que ce soit un Coach en entreprise, un Coach familial, un Coach personnel, un Coach scolaire ou un équiCoach, sa préoccupation de chaque instant est d’utiliser tous les moyens nécessaires et à sa disposition pour permettre à la personne ou la structure accompagnée de pouvoir atteindre l’objectif qu’elle s’est fixée.

En somme, le Coach est principalement là pour permettre à l’individu d’atteindre un objectif précis dans un espace-temps prédéfini. Faire appel à ce professionnel vise à permettre de faire un pas de côté pour entrevoir de nouvelles possibilités d’actions.

Quoi qu’il arrive, le Coach professionnel est aussi formé à repérer les cas de souffrance chez les personnes et à leur indiquer, le cas échéant, que le coaching ne peut répondre à leur problématique particulière car elle sort de son champ de compétence. Cette précision étant faite, c’est aussi l’occasion de rappeler que de plus en plus de thérapeutes se forment au métier du coaching et, qu’inversement certains Coachs se forment également à la thérapie. Tout cela pour une seule raison : trouver de la complémentarité et avoir la palette le plus large possible pour agir au seul bénéfice des personnes accompagnées. Ne soyez donc pas surpris si vous rencontrez des professionnels hybrides et faites une chose simple : questionnez-les sur leurs parcours, leurs qualifications et leurs intentions ! Vous trouverez certainement toujours une explication logique et motivée au parcours qu’ils ont effectué.

« Le boulanger qui vend son pain est un vrai charlatan ! »

Une des choses que j’ai souvent pu lire est l’amour que les Coachs portent apparemment à l’argent des personnes accompagnées. Ha ! La thune, le flouze, les pépettes : mmhhhh ! Je ne m’étalerais pas plus que ça sur le sujet parce que pour moi, il est risible. Dites-vous de votre boulanger que c’est un voleur parce qu’il vous vend son pain ? Accusez vous de charlatanisme celui qui le vend un peu plus cher parce que son pain est Bio et qu’il respecte une fabrication plus éthique ? Aucun rapport, vraiment ? Pour le Coach professionnel c’est tout pareil !

Concernant la tarification, plusieurs choses sont à prendre en compte lorsque vous vous adressez à un Coach professionnel. Le travail d’accompagnement en face à face fait avec la structure ou la personne est ce que l’on voit. Mais il y a aussi la préparation et la synthèse de la séance qu’on ne voit pas qui est à prendre en compte. Sans compter le processus de formation continue et la supervision[v] dans lequel est engagé un Coach professionnel pour vous garantir le meilleur des suivis possible. On ajoute à cela le statut d’indépendant qui est certainement le plus répandu dans la profession ainsi que les frais de déplacements et de cabinet et hop, ça peut grimper vite ! Rappelons-nous qu’en France énormément de taxes et d’impôts existent. Quand on dépense un billet chez le Coach consultant, peut-être est-il bon de se rappeler qu’un tiers part en croisière pour les caisses de l’Etat, qu’un autre tiers lui sert à faire fonctionner son activité et que le tiers restant lui permet en partie de vivre mais aussi de continuer à se former. Faudrait-il certainement aussi cesser de confondre « c’est trop cher » avec « ce n’est pas adapté à mon budget ».

Ce n’est pas très sympa de rappeler cet aspect qui pique mais c’est une réalité ! C’est d’ailleurs parce que c’est une réalité, que de plus en plus de Coachs professionnels s’orientent vers des pratiques plus éthiques, plus solidaires et plus abordables pour toutes et tous. Certaines associations de Coachs proposent par exemple du Coaching Solidaire. Des Coachs à leur compte choisissent de consacrer 50 % à leur profession libérale et 50 % à une profession salariée au sein d’associations pour aider le plus grand nombre. Par ailleurs, des initiatives citoyennes et bénévoles voient le jour sur certains territoires. D’autres sociétés se déclarent d’office en tant qu’entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire et que Société à Mission. Cela leur demande alors de se contraindre à certaines règles de gestion plus justes et équitables tant dans leur organisation que dans la répartition des salaires et des bénéfices. Enfin, certains Coachs professionnels proposent leur tarif en participation libre et consciente. Ainsi, chaque séance est rémunérée par une somme bornée par un minimum et un maximum au sein duquel la personne choisie de payer la prestation au regard de la qualité estimée de la séance et de son budget à l’instant T. (Psssst : oui, ça s’appelle un client. Tout simplement parce que le bonhomme paie une somme sur la présentation d’une facture. C’est tout, ce n’est pas plus que ça…)

Mais attend. Maintenant que j’y pense, on a bien parlé formation quelques lignes plus haut ? Oui, on a bien parlé formation cher lecteur ! Attardons-nous un chouilla sur le sujet, veux-tu ?

« Rien n’assure que le Coach soit compétent et ce n’est pas un métier reconnu »

Avant de vous en dire plus, je tenais à partager avec vous le gratin des remarques les plus sympas que j’ai pu recueillir. Prêts ? Allez c’est parti !

« Il prétend avoir des compétences sans rien pour le démontrer. […] La moindre des choses est de prévenir les personnes quand une pseudoscience fait sa publicité.  […] Je me suis longuement intéressé à ces sujets… […] Il vaut mieux orienter vers des vrais spécialistes. […] Il existe des alternatives sérieuses… moins farfelues et louches. […] Peut-être même que ces personnes (ndlr : les personnes aidées) seront aiguillées vers une secte New Age. […] Ils proposent des explications ne reposant sur rien de concret. […] De plus, il y a une déontologie et une surveillance par les pairs quand les spécialistes appartiennent à un corps de métier reconnu. Là, c’est la roulette russe. » Mais pourquoi tant de haine alors qu’à la base on parle d’amour (j’abuse un peu mais il en faut en ce moment, non ?)

Non, plus sérieusement, j’ai été étonné par ces remarques parce que finalement, la seule chose qu’elles évoquent véritablement est la méconnaissance quand au métier de Coach professionnel et à son encadrement. Alors oui, on peut s’être longuement intéressé au sujet mais il se trouve que notre profession évolue vite depuis quelques années puisque la demande est croissante. Il vaut donc mieux continuer à s’y intéresser sans arrêt ! Faisons un petit état des lieux ensemble.

Un peu d’Histoire d’abord ! Les personnes qui avaient déjà saisies les bases de l’accompagnement en Coaching et son utilité ont commencé à exercer en tant que tel dans les années 1985/90. Ensuite, vers les années 2000, une sympathique vague de pratiques de toute part a commencé à déferler en Europe. Des Coachs de vie, Coachs spirituels ou encore des Coachs du bonheur ont fleuris un peu partout. Ne remettant pas en cause ni l’efficience, ni le pertinence de ces personnes, la profession a cependant pris conscience qu’il fallait commencer à construire un cadre de références pour tout simplement parler la même langue et se prémunir de personnes ayant, peut-être, des intentions peu scrupuleuses. Ainsi, chemin faisant, et celui-ci est toujours en train d’être tracé, les métiers de la profession, tantôt appelé Coach Professionnel tantôt Coach Consultant, ont trouvé leurs marques et se sont structurées jusqu’à pouvoir mettre en place :

  • Des formations tant reconnues pour leur haute qualité pédagogique dans leur forme et leur contenu que par la mise en place d’une certification professionnelle inscrite au RNCP[vi] 6 ou 7, soit l’équivalent d’un niveau Master 1 ou 2 (Bac +4 ou +5) et donc reconnu par l’Etat, via France Compétences [vii]
  • Le label EQA[viii] par le Conseil Européen du Coaching, du Mentorat et de la Supervision (EMCC[ix]) qui est un label international de qualité décerné par l’EMCC International pour valider la qualité des programmes de formation au Coaching au sein des écoles et organismes de formation
  • Un code de déontologie relatif à la profession ainsi que le manifeste du Coaching publié au début de l’année 2021 traduisant la volonté des Coachs Professionnels de tendre vers une éthique professionnelle commune
  • Des processus de supervision permettant à chaque Coach Professionnel de remettre en question sa pratique en confrontant, seul ou avec ses pairs, diverses situations professionnelles
  • Le label EIA[x] (ou ESIA pour les superviseurs) – également par l’EMCC – qui est un gage de qualité quant à la pratique et l’expérience individuelle puisque le processus de labellisation s’attache à évaluer trois aspects : les compétences, la posture et la démarche du Coach dans sa pratique
  • L’organisation régulière, dans toutes les régions, d’événements divers et variés tel que des webinaires, des conférences, des tables rondes, des séminaires organisés par les fédérations ou associations telles que l’EMCC France, l’ICF France,  la SFCoach ou encore la FFCPro
  • Le regroupement d’une communication claire et pédagogique sur notre profession via le site www.coach-pro.org. Cette initiative est portée par les trois premières associations citées juste avant.

Il reste encore du travail mais il est certain qu’on ne peut plus dire aujourd’hui que le métier de Coach Professionnel ne soit pas structuré, sérieux et utile. Les efforts principaux qu’il reste encore à fournir réside dans la reconnaissance de la certification professionnelle sur un seul et unique niveau Master 2 dans le cadre du RNCP mais aussi et surtout dans la régulation et la protection du titre de Coach comme cela l’a été pour les psychologues afin d’assurer toute la transparence nécessaire au regard du grand public. Pour cela, deux principaux syndicats œuvrent en France : le SFAPEC et le SIMACS.

« Si c’est un vrai métier, pourquoi aller vers d’autres pratiques et certifications ? D’autres spécialisations ? »

Effectivement le Coaching professionnel est un vrai métier, riche, puissant et très complet. Il y a de très belles perspectives qui se dessinent pour qu’il puisse continuer à se nourrir et intéresser de nouvelles personnes. D’aucun constatera que souvent, les professionnels du Coaching auront aussi d’autres cordes à leur arc (spécialisation en Analyse Transactionnelle, en PNL ou encore en hypnose) ou se spécialiseront auprès de personnes ayant certaines particularités (enfance et adolescence pour le scolaire, philo-cognitifs, TDA/H, Dys-[xi], Sexualité & Coming-Out, etc.).

Je pense que la réponse se situe dans cette dimension particulière que le professionnel est d’abord et avant tout un individu, une personne. De toutes celles que j’ai pu croiser au cours de cette année, les deux aspects sont souvent intrinsèquement liés. Une fois fusionnés cela donne une effervescence pétillante et colorée mélangeant la passion du métier, une profonde envie de découvrir l’Humain et les structures organisationnelles ainsi que l’insatiable soif de connaissance et de curiosité. Tout cela donne simplement l’envie au professionnel et à la personne de continuer à se former au regard de son propre parcours d’abord mais aussi des difficultés rencontrées dans certains accompagnement.  Finalement, ça ne peut qu’être une plus value pour la personne qui fera le choix de se faire accompagner par un Coach Professionnel même si, parfois, certaines formations complémentaires peuvent poser question !

« Des titres et appellations obscures »

C’est une des autres remarques que j’avais pu lire sur les réseaux sociaux. Ce qui est drôle avec ce type de remarques, c’est que l’on provoque toujours une éternelle insatisfaction. On ne peut donc réellement agir dessus et je n’aurais qu’une recommandation à ce titre : continuer à Agir pour ce qui semble le plus juste et mettre toute son énergie dans ce qui nous tiens à cœur et ce pourquoi nous vibrons. Lorsque j’interviens en formation avec les professionnels du secteur médico-social, j’ai pour coutume de leur rappeler que s’ils ne se ménagent pas avant tout, ils ne serviront à rien sur le terrain parce que le jour où ils ne seront pas bien, personne ne pourra se substituer à leur savoir-faire auprès des personnes les plus fragilisées. Là, c’est un peu la même histoire. Nourrissons absolument ce que nous faisons de mieux, à partir de qui nous sommes, dans le cadre déontologique et éthique auquel nous souscrivons. C’est ce que la profession a certainement de mieux à faire.

Finalement, c’est toujours là même histoire avec toute chose, y compris les titres et appellations. Lorsque c’est nouveau et que l’habitude n’est pas installée il s’agit de quelque chose qui serait « obscure, pas clair qui fait peut-être même rire mais cache probablement quelque chose ». A contrario, lorsque c’est quelque chose de plus classique, il est rétorqué qu’on voit ça partout, que c’est fourre-tout, etc. Quand on a les fesses entre deux chaises, on fait quoi ? On tombe par terre ? Au prétexte de ne pas plaire ou de bousculer les esprits, nous devrions ne rien réinventer ou ne pas s’autoriser l’innovation ? Si je prends l’exemple du Designer Social, mon métier, je l’ai effectivement inventé car c’est celui qui me correspond et qui fait le plus sens pour moi. Oui, il ne correspond pas aux standards mais est-il pour autant moins signifiant et significatif ? Je ne pense pas. Faudrait-il tout bonnement cesser d’expérimenter la vie et d’aborder les choses de façon ludique ? Pour ma part, je ne souhaite pas participer à l’appauvrissement des intelligences et des consciences. Bien au contraire.

Une autre problématique émerge à mon sens après avoir évoqué cela, c’est celle de la responsabilité de chacun à bien vouloir ouvrir ses perceptions. Avant de déblatérer dans les commentaires de posts divers et variés sur la toile, combien sommes-nous à avoir réellement pris le temps de chercher des informations tierces ? De voir la façon dont l’auteur d’un quelconque propos ou terme aurait peut-être déjà déroulé sa pensée en expliquant pour quelle raison il a fait tel ou tel choix ? Pour ma part, cela est fait depuis le début de mon activité sur mon site professionnel et je mets au défi les joueurs de pouvoir considérer que le métier de Designer Social est douteux. Il est simplement issu de mon propre parcours et de ce qui fait sens dans ce que j’ai à proposer à autrui. Finalement, tout cela nous amène à la dernière objection souvent rencontrée et qui n’en est finalement pas vraiment une : en réalité, c’est avant tout une affaire de personne et de perception !

« C’est avant tout une affaire de personne et de perception… pour tout le monde ! »

Voilà comment se concluent souvent les joutes verbales auxquelles j’ai pu assister. Oui, tout cela est avant tout une affaire de personne et de perception… et cela est valable pour tout le monde. Effectivement, lorsqu’on choisi le professionnel par qui on souhaite se faire accompagner, nous savons tous que nous choisissons en général et avant tout la représentation de ce que nous imaginons être le bon professionnel pour nous. Même si, comme j’ai pu le lire, « la préférence n’est pas critère pour déterminer l’efficacité », elle n’en reste pas moins un critère clé pour déterminer la qualité de la relation collaborative qui va se créer entre la personne accompagnée et l’accompagnant. De surcroît, celle-ci est pourtant un critère important pour déterminer l’efficacité de l’accompagnement, d’autant plus chez les personnes neuroatypiques. Tout cela est vrai, à tel point que le professionnel lui-même peut aussi refuser une personne parce qu’il peut ne pas se sentir à l’aise à son contact ou en adéquation avec ce qu’elle revendique. Je pense qu’il est important de le souligner car ce dernier aspect est que trop peu abordé dans les lectures que j’ai pu faire et pourtant il est éminemment important. S’autoriser à ne pas accompagner une personne, pour quelque motif que ce soit, est à mon sens impérieux tant pour un Coach que pour un thérapeute. Pour la simple et bonne raison que si le professionnel n’a pas cette conscience là et qu’il ne prend pas cette responsabilité, il risque de ne pas être la meilleure option possible pour la personne qui consulte. Or, cette option est indispensable et nécessaire pour l’individu lorsqu’il vient solliciter l’accompagnement d’un professionnel.

Je tenais à finir ma lettre de la St Valentin, pleine d’amour et de passion pour le coaching en évoquant un axiome[xii] que nous considérons comme incontournable dans le métier du Coaching. Cet axiome est que « la carte n’est pas le territoire. » [xiii] Cette affirmation faite par Korzybski vient nous rappeler l’incompressible réalité humaine : même si nous agissons ou pensons sur un territoire que nous estimons connu (notre vie quotidienne, au bureau, dans notre relation amoureuse), n’oublions jamais que ce territoire est vu et ressenti avec autant de cartes différentes que de personnes qui le pratique. Autrement dit : nous avons toutes et tous des lunettes différentes pour interpréter le monde au regard de notre histoire et de nos expériences. La bonne nouvelle, c’est que cette carte ou ces lunettes ne sont pas figées et peuvent se modifier. J’en suis d’autant plus certain depuis que je pratique l’alchimie émotionnelle et la PNL[xiv]. Ces deux pratiques m’ont permis de constater à quel point nos émotions et nos représentations conditionnent la façon dont nous voyons le monde. Elles m’ont aussi permis de constater à quel point, il est simple d’ouvrir radicalement sa conscience à d’autres perspectives si on accepte simplement de jouer avec nos croyances, nos limites, nos freins et les émotions qui bien souvent viennent nous encourager à explorer le territoire. Concernant les simples échanges, si nous voulons toutes et tous mutuellement grandir et participer à l’évolution d’autrui à travers nos pratiques et nos certitudes, il me semble absolument nécessaire de pouvoir rester attentif à la carte de l’autre et à laisser les portes du territoire commun, ouverte.

Alors oui, parfois des choses, comme dans le domaine de la parapsychologie par exemple, ne sont pas explicables ou paraissent incongrues mais elles ne sont pas nécessairement fausses, obscures ou irréelles pour autant. Tout du moins, il s’agit d’éléments factuels pour celui qui les vit. D’ailleurs, les personnes dotées de capacités parapsychiques le diront : ce n’est pas une question de croire ou non puisqu’elles l’ont vécues à leur hauteur. Il ne me semble d’ailleurs pas que cela s’oppose au professionnalisme d’une personne. Ce qui serait dérangeant voir inquiétant, en revanche, c’est qu’un professionnel cherche à convaincre des personnes ou à les détourner de leur objectif premier. Ce que je constate pour le moment, c’est que c’est souvent juste la crainte de ne pas connaître un domaine ou une certaine façon d’aborder les choses qui déclenche des signes d’hostilité. Forcément ! C’est une réaction naturelle et spontanée puisque c’est un soudain changement possible et peut parfois même être perçu comme un risque. Alors, abordons les choses simplement : jouons ! Retrouvons notre capacité à jouer, à expérimenter, à tâtonner comme les enfants que nous étions. Cela nous empêchera de rester sur nos lauriers. Comme nous le démontre la zététique, il est indispensable de douter, de pouvoir vérifier et se fier à des explications scientifiques. Cependant l’Histoire nous rappelle aussi que de nombreuses choses qui paraissaient farfelues fût un temps, ont finalement été expliquées ou acceptées plus tard.

Considérons cela, les choses deviennent finalement très simples à aborder. Tout comme dans toute relation, je propose à toutes et à tous de faire le choix de penser en conscience, de s’informer, de réfléchir et de critiquer à partir des connaissances objectives que chacune et chacun a. Je propose aussi de divaguer, débattre, échanger et argumenter dans la mesure ou chacun peut s’exprimer avec respect et bienveillance et qu’il écoute en retour de la même manière.

Finalement, c’est comme ça qu’on tombe amoureux non ?

A noter !

Très prochainement, j’animerais une table ronde avec quatre experts du domaine médico-social et social sur la thématique :

« Le coaching peut-il permettre aux professionnels de retomber amoureux de leur métier ? »

Soyez vigilants aux prochaines nouveautés !


[i] Philo-complexe : personne philo-cognitive (HPI) dite de profil complexe, selon l’ouvrage « Les philocognitifs : ils ne font que penser et penser autrement » du Dr Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier (2019)

[ii] TDA/H : Troubles Déficitaires de l’Attention avec ou sans Hyperactivité

[iii] Résilience : capacité d’un individu à rebondir après une épreuve

[iv] Effet Insight : découverte soudaine de la solution à un problème sans passer par une série d’essais-erreurs successifs

[v] Supervision : il s’agit du coaching de Coach professionnel. Peut se faire seul ou en groupe de pairs.

[vi] RNCP : Répertoire National des Certifications Professionnelles

[vii] France compétences : autorité nationale de financement et de régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage

[viii] EQA : European Quality Award

[ix] EMCC : European Mentoring and Coaching Council

[x] EIA : European Individual Accreditation

[xi] Dys- : termes désignant un trouble tel que la dyslexie, la dyspraxie. Ou alors est-ce juste une autre façon de fonctionner…

[xii] Axiome : syn. postulat, principe

[xiii] Une carte n’est pas le territoire – Prolégomènes aux systèmes non-aristotéliciens et à la sémantique générale, Alfred Korzybski (2007)

[xiv] PNL : programmation neuro-linguistique (Bandler & Grinder)

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